Jeudi 11 octobre 2007
Je sais, je sais, je vous ai manqué ! Après ma blague débile de l’article précédent, vous vous dites que je ne suis plus la même....que j’ai changé....et bien NON !!!
Voici un épisode inédit des aventures de Fifi Brins d’Acier au Chili : Fifi Brins d’Acier au zoológico de Santiago  (ça me rappelle les Martine de mon enfance... : ))

Mais avant de vous faire goûter à mes vidéos artisanales,...la petite histoire !
Il était une fois...
Marie-Placide, haut membre de la french team, fait partie d'un groupe de jeunesse qui anime une radio. Pendant ses émissions, radio "Essentiel" joint des jeunes en séjour à l’étranger et leur lance des défis tous plus saugrenus les uns que les autres. Par exemple, un anglais de passage à Lyon a dû goûter en direct à la cervelle de canuts, spécialité qui ressemble un peu au fromage fort, question raffinement et plaisir du palais...je vous laisse imaginer le choc !
Marie n’a malheureusement pas eu droit au défi gastronomique (je l'aurais aidé, vous pensez bien!), mais à une mission quasi-impossible : enregistrer le « cri ».....d’un lama ! 
Déjà, trouver un lama dans Santiago, n'est pas chose facile : il y en a bien parfois sur la Plaza de Armas ou au Mercado Central pour appâter le touriste, mais ce qu’il y a de pénible avec les lamas, c’est qu’ils n’ont pas d’horaires !...Du coup, quand on a voulu leur rendre une petite visite, point de lama à l’horizon (Anne, ma sœur Anne, ne vois tu rien venir ?!!!: ))! Une demi-journée de perdue, et point de lama en vue !
....Le zoo était donc notre dernière chance ! Après avoir gravi les "quelques" escaliers  du Cerro San Cristóbal (le point le plus haut de la ville, au moins, on a eu le temps d’apprécier le paysage !: ), nous avons été confrontées à notre premier obstacle : l’entrée payante du zoo ! Quelques minutes d'âpres négociations, et nous voilà en route aller voir gratuitement les fameux lamas....! 
Mais c’était trop beau pour être vrai : « las llamas », comme ils disent ici,  étaient dans un enclos en pente, et tous rassemblés en contrebas ! Impossible d’enregistrer leur « cri », surtout qu’on ne savait même pas à quoi ça ressemblait (ben oui, qui a déjà entendu un lama?) !Mais Marie, qui ne se laisse pas abattre, demande à rencontrer un des soigneurs du zoo...On lui explique la situation, et là, il nous dit...de venir avec lui...auprès des lamas! Du coup, on est allé nous même les filmer, les nourrir, et les voir de tout près (sans se faire cracher dessus, of course! :)) ! 

Je suis sûre que ça aurait plu à Maxence, après avoir donné à manger aux chèvres au marché des vieux métiers de Salignac !
 
...ET l’aventure ne s’arrête pas là : le soigneur, super sympa, nous a emmené nourrir et serrer la main ....des chimpanzés! Toto et Judy raffolent des poires et sont adorables! C’était vraiment un super moment !
Justine, j’ai beaucoup pensé à toi...wish you were here...!
Et maintenant, les vidéos (ne prêtez pas attention aux bruits parasites (on dit que le ridicule ne tue pas...on verra! :))....concentrez-vous sur le cri du lama!)

 

 


Vidéo spéciale dédicace pour Audrey la Cairote....ça change des chameaux ;)



IMGP1097.JPG Voici Toto















IMGP1096.JPG et Judy serrant la main de Marie!










Par Audrey
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Jeudi 4 octobre 2007

Et maintenant...............l'article que vous attendiez tous (enfin presque!)! Après avoir été inondée de vos propositions (une en tout et pour tout, c'est du joli!), voici la réponse à la blague de la cazuela (cf : article "¡Viva el asado!")!!!! 

.............Attention, vous allez rire!!!! : Qu'est-ce que donne une cazuela accompagnée d'un coca-cola?

Réponse : un bouillon de cultures!

...................................................hihihihihihihihihihihihhihihihihihhhahahahahouhouhouhouhou
houhouhouhouhouhouhouhouhuohuouhouhouhuouhohuohuohuohuohuhouhouhouhohu
houhouhhouhouh.....aaaaaaaaaaaaa!!!!!!...................................
Comment ça vous ne riez pas ?!!! Cazuela>bouillon,coca>liquide +-bouillon, cazuela/coca>Chili/USA>cultures....................................non?!!!

En fait,  c'est normal, généralement mes blagues ne font rire que moi...imaginez ce que Max doit subir...TOUS LES JOURS...!

J'en aurais bien une sur le Pape et un fameux fromage basque : ), mais je crois que ça va faire beaucoup pour cette fois! : )...peut-être après quelques articles et photos qui vous auront fait tout oublier ... : )!



                           ...Et à très bientôt, pour une balade dans Santiago!

Par Audrey
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Lundi 1 octobre 2007
   On m'a signaler quelque, pour ne pas dire beaucou, faute d'ortographe et daccord...me voiçi rouge de honte!!!
Pour couroner le tous, les correction ne s'enregistre pas sur les articles dêjà publié...Elle resteront donc là, comme des trace indélébile de mon étourderiz et de mon manque d’applicacion...bouhouhouhouhou!
A force de parlé espagnole et de jouer à la chillienne, j'en pert mon franssais!
Aussi, je vous fait la promesse sollennelle qu’à l’avenir, je m’eforcerait de lire, lire, re-lire, mes articles avant de les publié, de poursuivre la faute pernissieuze jusque dans les moindre recoin de mes texte toufus (ou pas), quoiquil m’en coutte !!!
Par Audrey
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Jeudi 27 septembre 2007
                                             Desaparecidos    Disparus
 
 
Están en algún sitio / concertados                
Ils sont quelque part/concertés
desconcertados / sordos                    
déconcertés/sourds
buscándose / buscándonos               
 se cherchant/nous cherchant
bloqueados por los signos y las dudas                      
bloqués par les signes et les doutes
contemplando las verjas de las plazas                     
contemplant les grilles des places
los timbres de las puertas / las viejas azoteas                    
 les sonnettes des portes/les vieilles terrasses
ordenando sus sueños sus olvidos               
 en rangeant leurs rêves leurs oublis
quizá convalecientes de su muerte privada  
peut-être convalescents de leur mort solitaire

nadie les ha explicado con certeza                
personne ne leur a expliqué avec certitude
si ya se fueron o si no           
si ils s’en sont  déjà allés ou non
si son pancartas o temblores            
si ils sont pancartes ou tremblements
sobrevivientes o responsos              
survivants ou répons

ven pasar árboles y pájaros              
ils voient passer des arbres et des oiseaux
e ignoran a qué sombra pertenecen            
 et ignorent à quelle ombre ils appartiennent

cuando empezaron a desaparecer                
quand ils ont commencé à disparaître
hace tres cinco siete ceremonias                  
cela fait trois cinq sept cérémonies
a desaparecer como sin sangre                                 
à disparaître comme sans sang
como sin rostro y sin motivo              
 comme sans visage et sans raison
vieron por la ventana de su ausencia                        
ils ont vu par la fenêtre de leur absence
como el oasis en los espejismos                   
comme l’oasis dans les mirages
a desaparecer sin últimas palabras              
 à disparaître sans derniers mots
tenían en sus manos los trocitos                  
ils tenaient dans leurs mains les petits morceaux
de cosas que querían            
des choses qu’ils aimaient

están en algún sitio / nube o tumba             
ils sont quelque part/nuage ou tombe
están en algún sitio / estoy seguro              
ils sont quelque part/j’en suis sûr
allá en el sur del alma            
là-bas, dans le sud de l’âme
es posible que hayan extraviado la brújula  
 il est possible qu’ils aient égaré  leur boussole
y hoy vaguen preguntando preguntando      
et qu’aujourd’hui ils errent en demandant
demandant
dónde carajo queda el buen amor               
 où peut donc bien se trouver le vrai amour
porque vienen del odio parce           
 parce qu’ils viennent de la haine.
 
 
 
Mario Benedetti
Par Audrey
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Mardi 25 septembre 2007
jardin-de-las-rosas.JPG  Des visages d'anciens détenus. Le 3ème visage en partant de la droite est celui de Mario Benedetti, auteur du poème "Desaparecidos", très souvent lu lors des cérémonies en l'honneur des disparus. 

  
Ce dimanche, je me suis rendue à l’inauguration du Jardín de las Rosas, le Jardin des Roses, à la Villa Grimaldi. Ce jardin est une très belle initiative, inspirée par le témoignage des femmes qui ont survécu aux tortures, aux viols, à la cruauté quotidienne, aux dégradations en tout genre, dans la Villa. Avant que les militaires ne s’en emparent pour en faire un centre secret de détention et de torture, la Villa Grimaldi était une très belle demeure à l’ italienne, pavée de céramiques colorées, réputée pour sa roseraie. Lorsque la Villa est devenue lieu d’horreur, les fleurs ont été épargnées. Certaines femmes racontent que, depuis leur cellule située dans la tour, où le long de leur chemin jusqu’aux salles de tortures, elles pouvaient sentir, dans l’obscurité de leurs yeux toujours bandés, le parfum sucré, élégant, des roses...fragile instant d’ailleurs dans la souillure du quotidien...

  C’est pourquoi, le 10 Mars dernier, autour d’une des multiples fontaines de la Villa, ont été plantés 36 rosiers différents, représentants les 36 femmes (la plupart étant des opposantes politiques) au régime de la junte, qui ont été exécutées, où qui ont disparu à la Villa. 

Un aperçu du Jardin des roses.

jardin-de-las-rosas-7.JPG
  









Ce 23 Septembre, un deuxième cercle, embrassant le premier, a été inauguré : 101 rosiers pour 101 femmes exécutées, victimes de la politique de disparition forcées, ou encore, victimes de la violence injustifiée des militaires, dans les années 70. 137 rosiers qui embaumeront, ce printemps, les sentiers de la Villa Grimaldi...
 
   La cérémonie était très émouvante : les 101 noms ont été égrenés, et à chaque nom, l’assemblée répondait « presente ». Puis,  chaque ami, enfant, père, mère, mari est venu déposer, au côté d’un rosier, la plaque en céramique portant le nom de leur disparue. Toutes ces femmes, victimes d’une violence gratuite, inutile, tellement absurde : une balle perdue, un tir pour rien, un élan de cruauté...des vies volées... de femmes parfois enceintes, parfois si petites...il n'y a aujourd'hui plus que leurs proches pour se souvenir, qui s'accrochent à leurs photos, à des objets leurs ayant appartenu...

jardin-de-las-rosas-10.JPG
 
Trois Roses de la Villa Grimaldi.

jardin-de-las-rosas-8-copie-1.JPG




   Parfois, la famille n’est pas là : j’ai donc porté, puis posé près d’un beau rosier, la plaque de Lorena del Pilar Escobar Lagos. Elle avait 3 ans, elle est morte le 8 Octobre 1978, d’une blessure par balle : les militaires venant arrêter son oncle suspecté d’avoir provoqué un incendie ont fait irruption dans la maison en tirant des coups de feu. C’est ça aussi, le travail de la Villa Grimaldi : retrouver des visages, des histoires pour garder la Mémoire.

jardin-de-las-rosas-11.JPG
La plaque en céramique pour Lorena del Pilar Escobar Lagos. Tristan a déposé celle de Rosa Patricia Fuentes Ovando.

renommer-6.JPG Une petite fille court dans la fontaine de mosaïque : elle  a presque l'âge de Lorena...
Et puis il y a ces femmes si fortes, torturées à la Villa Grimaldi, qui chantent avec 
leurs tripes, et leur coeur pour les amies disparues, rencontrées
dans l'obscurité et
la saleté des cellules...parfois, le chant semble un cri, d'une
tristesse infinie...
IMGP1038.JPG
La "Torre" tour de garde, dans laquelle les prisonniers étaient enfermés dans
des cellules de 1m².

Et puis il y a cette femme, aujourd'hui journaliste, qui livre, la
voix douce mais sûre, son témoignage : la solidarité avec les autres femmes,
l'obscurité, toujours, l'odeur des rosiers de la Villa, qui venait le soir
d'un jardin imaginé, le jardin "du bien et du mal", de beauté et d'épines...

 

Enfin, il y a eu les photos, qui donnaient à toutes les femmes-roses de la Villa Grimaldi, un visage


un sourire, et quelques mots rappelant un souvenir, redonnant à l'image une histoire :
«elle était institutrice », « elle essayait toujours de faire
rire autour d'elle »,
« elle était blonde », « tous les voisins l'admiraient », « elle croyait en un monde plus juste... ».
Les Beatles acompagnaient ce moment ...
Nothing's gonna change my world…
The long and
winding road...
jardin-de-las-rosas4.JPG Avant le début de la cérémonie, chaque famille est venue accrocher une feuille de couleur
avec la photo et l'histoire de leur disparue.








Lorsque le défilé des images en noir et blanc s’est arrêté, une autre femme, ex-détenue à la
Villa Grimaldi, qui chantaient souvent pour ses
camarades de cellule – et qui chantait si bien
on l’appelait la Edith Piaf !) que les gardes étaient fous, croyant que les prisonnières cachaient
une radio- a entonné Imagine...je crois que c'est un beau message...




La porte de la Villa Grimaldi, fermée à jamais par le Père José Aldunate,
fondateur du mouvement Sebastián Acevedo (Nom d'un père qui, après avoir chercher en vain ses fils
disparus, s'est immolé devant la Cathédrale de Concepción). C'est par là qu'entraient les détenus,
les yeux bandés avant d'être conduits aux salles de torture.


jardin-de-las-rosas2.JPG





 C'était vraiment très dur, et je pouvais ressentir un peu de toute cette tristesse, de toute cette rage, 
de toute cette impuissance, qui se dégageaient aussi lors de la veillée aux bougies le 11 Septembre,
en l'honneur des 4500 personnes qui ont été détenues à la Villa Grimaldi.

Notre projet est d'autant plus motivant qu'il a une forte dimension éthique : rendre accessible
à tous les mémoires des dictatures dans le monde et permettre aux disparus d'être toujours "presente".
Le site internet que nous allons créer l'année prochaine sera donc un petit maillon d'un projet bien
plus vaste, destiné à conserver, transmettre une mémoire universelle, peut-être pour apprendre

du passé...


Si vous voulez faire un petit tour sur le site de la Villa Grimaldi :
www.villagrimaldicorp.cl
Le site est disponible en espagnol, anglais et allemand...pour ce qui est du français,
notre "french team" y travaille (nan, nan, c'est pas une blague : je travaille! : ))
...nous mettrons tout ça en ligne dans 1 ou 2 mois (enfin...c'est l'objectif qu'on s'est fixé!).

Et pour rassurer tout le monde, Marionnette va bien, son opération s'est très bien passée,
et elle se remet tout doucement aux côtés de ma maman...

Par Audrey
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Lundi 24 septembre 2007
   Le 19, toute la famille est partie à la campagne, où 2  des frères de Luis possèdent un élevage de dindons, des plantations d'arbres fruitiers et d'avocats. Nous nous sommes tous réunis sur un grand terrain, entourés par les collines, autour d' une grande table pour déguster l'incontournable asado. On a sorti les cerf-volants, car il y avait pas mal de vent, et j'ai fait mon premier essai...beaucoup mieux que la toupie! Le but du jeu était de couper le fil du cerf-volant d'à côté pour que celui-ci s'écrase dans les buissons d'épines...le mien a malheureusement connu ce triste sort!
IMGP0926.JPG Là haut, tout là-haut, le cerf-volant!





Les cousins pros du cerf-volant!


















Et puis est venue l'heure des défis en famille : saut à la corde, jeu de force, course en sac, jeu des trois pieds puis football...ont particulièrement animés la journée!




Al-Campo.JPG l'équipe des hommes de la famille en pleine action! ça à l'air simple comme ça, mais le plus dur est de s'incorporer au groupe alors que la corde est en mouvement!




Al-Campo2.JPG
eh! moi aussi je sais sauter...bon ok, j'ai l'air beaucoup moins à l'aise que la nénette d'à côté, mais bon, quand même!









Al-Campo-5.JPG

Voici l'épreuve de force!!! Même après le ravitaillement de l'asado, l'équipe des filles a eu un peu de mal à se faire respecter!





Et maintenant la question qui vous tient tous en haleine : qu'est-ce donc que ce fameux jeu des "tres pies" (trois pieds)? Eh ben c'est tout simple : ça se joue en binôme et c'est un concours de vitesse : les membres du binôme sont côte à côte et attachent pour l'un son pied gauche, pour l'autre son pied droit, ensemble (mais si, mais si, vous allez voir, c'est rigolo! : ). Le but est de courir le plus vite possible avec trois pieds, ce qui requiert une très bonne coordination (presque comme en raid : )) du binôme! Mon pied droit s'est donc retrouvé attaché au pied gauche de Luis...et la première course a été...une catastrophe! N'étant pas du tout douée pour la coordination, mais PAS DU TOUT, encore moins quand il s'agit de quelqu'un d'autre, je me suis bêtement écroulée, entraînant mon papa chilien dans la chute, ainsi que le rire de tous les spectateurs... 

Al-campo-3.JPG ...et c'est la chute!...même po mal! : )

IMGP0996.JPG  Voici le beau paysage du campo, ses collines qui ne manquent pas de poésie : ), que el abuelo (le grand père) a longtemps contemplé alors que  ses fils et petits fils jouaient au foot!


Je vous l'avais promis,  Fifi Brin d'Acier au Chili, ou, au choix Laura Ingalls, the Return!!! Mais non, ce n'est pas dû à un abus de pisco sour!: )

          

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Pour finir en beauté, et sans lunettes yeux-de-mouche, le coucher de soleil sur le muelle (quai) de Viña del Mar! IMGP0895.JPG
                                            
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Par Audrey
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Dimanche 23 septembre 2007

   Le 18 Septembre est l'occasion pour beaucoup de chiliens de réaffirmer et de célébrer leur "chilenidad", c'est à dire l'ensemble des expressions culturelles, des traditions, qui se transmettent de générations en générations et qui forgent l'identité nationale. La Chilenidad se confond avec le patriotisme et le 18 Septembre semble bizarrement être un jour de réconciliation des chiliens après les affrontements du 11 Septembre (un carabinero (policier, garant de l'ordre publique) a été tué dans des circonstances quelques peu obscures le 11 Septembre dernier, ce qui a été suivi d'un tapage médiatique dans les règle, fustigeant les délinquants, issus des banlieues pauvres de Santiago, qui s'en prenait à un bon père de famille, carabinero méritant....). Le gouvernement et les pouvoirs en général, en profitent pour  encourager leurs compatriotes à être de "bons chiliens",  à célébrer la patrie, et la culture de ce beau pays dans les règles...Roland Barthes se régalerait sans doute à souligner dans ces belles déclarations la domination qu'exercent les tenants de l'ordre établi "petit bourgeois" sur le peuple, réduit à être un ensemble de "bons chiliens" obéissants...! 

   Le 18 au matin, j'ai assisté au défilé militaire à Valparaiso, suivi du défilé des clubs de danse de Cueca auquel participaient Rodrigo (mon frère chilien) et Camila (ma soeur chilienne) en costumes traditionnels. La Cueca a été déclarée danse nationale, et je crois bien que tous les chiliens l'apprennent dès le berceau! Même la présidente, Michelle Bachelet, s'y est mise, lors de l'inauguration de la Fonda (sorte de grande fête foraine des Fiestas Patrias qui donne toutes les occasions de manifester sa chilenidad!)  de Santiago! Les costumes sont un héritage de l'époque coloniale : les hommes revêtent l'habit du Huaso (paysan du nord), bottes à éperon, chemise, poncho et chapeau noir. Les femmes se font belles, des fleurs dans les cheveux et une robe multicolore, avec un gros noeud d'oeuf de Pâques dans le dos...Chaque danseur tient dans sa main droite un mouchoir blanc, qu'il fait tourner au dessus de sa tête, et la danse représente tout simplement 2 amoureux qui se tournent littéralement autour et qui flirtent, la dame faisant la coquette, s'éloignant puis revenant aux côtés de son partenaire...je vous rassure, la danse se termine bras dessus-bras dessous! : )

Il y avait une foule pas possible pour  voir le défilé, applaudir  les différentes forces armées, et chanter en choeur l'hymne national :
 "Puro Chile es tu cielo azula-ado....Chili, ton ciel bleuté est pur
Puras brisas te cruzan también       
des brises aussi pures te traversent
Y tu campo de flores borda-ado        et tes champs bordés de fleurs
Es la copia feliz del Eden                    
Sont  les heureuses copies de l'Eden
Majestuosas tus blancas montañas  Majestueuses sont tes blanches montagnes
Que te dió por valuarte el señor          
Que t'as donné en récompense le Seigneur
Que te dió por valuarte el señor"...après je ne m'en rappelle plus, mais je sais que ça devient beaucoup moi champêtre, un peu du genre de la Marseillaise! Une strophe ne se chante d'ailleurs plus depuis la fin de la dictature...
C'était plutôt impressionnant, tout ce patriotisme, notion à laquelle je me sens un peu étrangère, même lorsqu'il s'agit du rugby français (vive les Blacks! : )!

defile-dieciochero.jpg ...
Bon, d'accord, cette photo est un peu dure, mais elle symbolise  pour moi toute la violence dont a pu faire preuve l'institution militaire pendant la dictature...


defile-dieciochero2.jpg

...les femmes de la Marine...













 

Et beaucoup plus coloré, voici le défilé des écoles de  Cueca de Valparaiso!


defile-dieciochero4.jpg ...
2 petits danseurs portant le drapeau du Chili...
IMGP0795.JPG
...et les mamans faisant tourner...les mouchoirs (tiens, tiens, ça me rappelle une certaine partie de Times'up! : ))!







  defile-dieciochero5.jpg















...si c'est pas kro mignon!


defile-dieciochero3.jpg














Je profite de ces photos de p'tits bouts, que Marion va sans doute adorer pour lui envoyer de gros bisous, et lui dire que je pense fort à elle pour son opération : eh oui, ce mardi, ma petite soeur se fait poser un implant cochléaire : ça représente une lourde intervention chirurgicale, et de longs mois de rééducation, d'orthophonie...mais elle pourra sûrement entendre beaucoup mieux, connaître peut-être le plaisir d'écouter de la musique, et pourquoi pas, de travailler un jour avec des enfants et des bébés, ce dont elle rêve! 

Et voici  d'autres  photos qui vont lui faire plaisir, car Marionnette a rencontré Luis, Alicia et leurs enfants lors de notre voyage en famille au Chili, et m'a dit au téléphone qu'ils lui manquaient beaucoup...alors en attendant qu'elle vienne me rejoindre, voici  Rodrigo et Camila dans leurs costumes de Cueca!

IMGP0886-copie-1.JPG   IMGP0872.JPG




                                                                                                                           et rien que pour vous, une petite démonstration! IMGP0880.JPG IMGP0882.JPG
IMGP0883.JPG

Par Audrey
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Dimanche 23 septembre 2007
   Balade à Valparaiso, lundi, en compagnie de mon frère chilien, Rodrigo, et de Marie-Placide.

   Valparaiso est poésie : ses ruelles étroites, son marché et l'odeur des poissons venus du port, le cri des mouettes, ses 45 cerros (collines) remplis à craquer de maisons colorées, ces mêmes maisons qui semblent sur le point de s'effondrer de vieillesse et de fatigue...ses ascensores (ascenseurs), sortes de petites cabines en bois sur rails qui partent à l'assaut des collines en tremblotant (il faut dire qu'ils datent du début du 20ème siècle!), ses graffiti et ses murales (peintures murales), et toujours  la mer qui vient bercer la baie de Valparaiso...
Valparaiso, ce charme insaisissable et fascinant, célébré par Pablo Neruda, dans  de nombreux vers : 
"Un point de la planète s'alluma minuscule...
Surgirent des navires pavoisés
beaux comme des colombes de rêve...
Valparaiso scintilla dans la nuit de l'univers."
Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vécu.
Pablo Neruda écrivait toujours à l'encre verte, la couleur de l'espoir...

   Valparaiso a connu son heure de gloire au 19ème siècle, alors que le seul passage permettant d'aller d'un océan à l'autre était le terrible Cap Horn. C'était alors le principal port du continent. Il accueillait les matelots fatigués, qui venaient se consoler...dans les bras des filles du port. Il reste sans doute de cette belle époque, des chansons de marins, teintées de nostalgie...
 Après l'ouverture du canal de Panamá, en 1914, la ville commença à perdre de son attrait, mais son aspect quelque peu terni d'aujourd'hui, ne fait qu'en augmenter le charme et le mystère...

Et maintenant, quelques photos!

IMGP0715.JPG
...et le mât du drapeau devient mât d'un bateau...qui tangue dans la baie de Valparaiso.





IMGP0701.JPG
IMGP0702.JPG

Vue sur la baie depuis le Cerro Artillería









                                                                                                 
IMGP0730-copie-1.JPG IMGP0713.JPG L'ascensor du Cerro Artillería...et la descente...attention, cramponnez-vous! : )

IMGP0680.JPG
Les habitants de Valparaiso ne manquent pas d'humour! : l'inscription en bleu sur cette maison dit  "Le Christ mange ici"!!!


Quelques exemples del "arte callejero", l'art de la rue...j'adore! IMGP0687.JPG
IMGP0694.JPG


IMGP0699.JPG IMGP0686.JPG IMGP0690.JPG



J'aime beaucoup cette photo...on dirait que c'est l'oeuvre qui souffle l'inspiration à l'artiste...













Je profite de la poésie de Valparaiso pour remercier tous ceux qui ont laissé des petits commentaires! : ) c'est kro gentil! : )

...et dans les prochains articles, le barbecue à la campagne, comment utiliser un cerf-volant, la gamelle du jeu des trois pieds (sounds interesting, hu?!!!), le saut à la corde...mais aussi le coucher de soleil sur Viña del Mar....et le remake chilien de Fifi Brin d'Acier! : )

Par Audrey
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Samedi 22 septembre 2007

   Me voici de retour de ce long-long week-end à Viña del Mar, des tonnes de photos dans les poches et quelques unes à vous faire partager...
Arrivée en trombes avec Marie-Placide (qui fait partie du groupe des frenchies) le samedi soir, dans une petite chapelle du Liceo Parroquial (paroissial) San Antonio où les 4 enfants de la famille (dans l'ordre, Claudia, Paulina, Rodrigo, et Camila) sont allés à l'école. Mes "parents chiliens", Alicia et Luis y renouvelaient leurs voeux pour leurs noces d'argent, avant de fêter ça avec toute la famille dans leur nouvelle maison :  retrouvailles autour d'un asado (barbecue), avec musique traditionnelle (la fameuse Cueca), chicha (sorte de jus de raisin fermenté), pisco, beaucoup de viande, assaisonnée de pebre (sorte de mélange de piment (aji), de tomate, et d'oignons, le tout hâché très finement) et de beaucoup de coriandre (les chiliens en rafolent), et sans oublier, ce sans quoi un repas n'est pas un repas au Chili : les bebidas, c'est-à-dire tout ce qui est gazeux, chimique,  très sucré, et la plupart du temps, fluo! Eh oui, les moeurs américaines s'exportent très bien ici, des séries télés (mais il y a les Desperate, donc... je ne peux pas me plaindre!), et les aliments ultra gras et artificiels-que-tu-sais-même-pas-ce-qu'y-a-dedans! J'entends déjà Jean-Pierre Coffe qui peste dans sa cuisine!
   Mais ce qui est intéressant, c'est que les chiliens restent très attachés à leurs traditions : lors des fêtes de la patrie, toutes les familles préparent leurs empanadas, écoutent de la musique traditionnelle, mettent leurs drapeaux  aux fenêtres, aux voitures...Tout au long de l'année, être chilien reste une fierté, même si les empanadas ou la cazuela (sorte de pot-au-feu avec beaucoup, beaucoup de bouillon) s'accompagnent de coca-cola!
Le lendemain, rebelote avec l'asado, mais cette fois, chez un des frères de Luis! Tous les cousins étaient là et nous ont appris à "hacer bailar el trompo", littéralement "faire danser la toupie", ce qui est une très jolie expression,  à laquelle je n'ai malheureusement pas pu donner réalité : la toupie tombait platement sur le sol sans le moindre petit tourbillon...

  IMGP0643.JPG

...
alors là, vous enroulez le fil comme ça,  puis vous tenez la toupie la pointe vers le haut  et vous la lancez, avec un petit retour du poignet qui fait tout...pfff, facile à dire!!! : )

Après mes tentatives déçues de faire danser la toupie, j'ai rejoint les oncles et tantes, Luis et Alicia au beau milieu d'un grand débat politique...je m'y serais sentie tout de suite plus à l'aise si la politique n'était pas un sujet d'affrontement (mais toujours bon enfant) pour la famille.  Comme tous les chiliens depuis le coup d'Etat de 73, la famille est divisée en 2 camp très distincts, droite et gauche, pro-pinochet et anti-pinochet, tous deux accrochés à leurs convictions. Le camp "socialiste", connaissant mon projet d'études ici, m'ont pris à parti, mais je me suis faite toute petite...mon "papa chilien", qui est dans la Marine (le milieu militaire reste très fidèle à Pinochet, qui a empêché le Chili de tomber dans le communisme) ainsi que toute sa famille étaient de l'autre camp... plus j'y pense, et plus je  me dis que les deux plus grande victoires de Pinochet ont été d'imposer un modèle néolibéral si puissant qu'il rend impossible toute réforme politique en faveur d'une meilleure répartition des revenus (ce qui engendre des écarts énormes entre d'une part, une minorité de chiliens très riches, et une grande majorité de  de chiliens très pauvres : au chili, il n'y a pas de "classe moyenne"!) mais aussi, et surtout, de diviser, polariser la société chilienne de telle sorte qu'aucune (ré)union de celle-ci dans le but de construire un avenir meilleur est aujourd'hui inenvisageable...Pour couronner le tout, ma famille chilienne est aussi divisée question football, qui est LE sport national, juste avant l'asado : entre suporters de l'équipe de Colo-Colo et suporters de l'équipe Universidad de Chile, règne la même camaraderie qu'entre...le PSG et l'OM!

ColoColo-w.jpg
L'emblême de l'équipe de Colo-Colo : un chef mapuche (indiens du sud du Chili).


  100px-Universidad-de-chile-football.png
...et celui de "la U", comme ils disent ici.














IMGP0651.JPG

Photo de famille sous le drapeau : de gauche à droite : Marie-Placide, un des oncles et sa petite fille, votre franco-chilienne préférée (mais, mais si...) et Mathias, un cousin.


IMGP0626.JPG   
Et voici, toujours dans le même sens, Luis, Camila, Alicia et Rodrigo!!! Mais, si, mais si, vous allez vous en sortir avec tous ces nouveaux prénom!








Et pour finir cette page en beauté,  petit jeu à la So²&Rico, histoire de vérifier si vous avez  lu attentivement ce petit article : Qu'est-ce que donne une  cazuela accompagnée d'un coca-cola? Attention, la réponse donne une  des blagues hautement spirituelles dont j'ai le secret...Réponse dans une semaine! J'attends vos propositions! : )

Par Audrey
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Samedi 15 septembre 2007
Bonjour à tous!

Après 3 heures de Salsa "Mambo en 2" où je m'emmêle les pinceaux, je pars cet après-midi pour Viña del Mar, retrouver la famille chilienne qui m'avait si bien accueillie lors de mes voyages précédents. Viña del Mar est une des stations balnéaires les plus connues du Chili, à environ 1h30 de Santiago, elle accueillait des flots de "touristes" aisés de Santiago dans les années 70-80. Aujourd'hui, cette ville et ses plages ont perdu de leur renom, les immeubles de luxe sont parfois un peu défraîchis, mais le bord de mer est toujours bondé et noir de monde en été.  Je vais y passer les Fiestas de la Patria, qui s'étalent sur 4 jours, et qui commémorent à la fois la formation de la Première Assemblée de Gouvernement du Chili, le 18 Septembre 1810 (c’est-à-dire, le jour qui a donné l’occasion au Chili d’être dirigé par, pour la première fois, des hommes nés sur cette terre ), et l’indépendance définitive du pays , le 18 Septembre 1818. Mais bon, les chiliens se rappellent surtout que c'est l'occasion de faire la fête jusqu'à pas d'heure, en famille ou entre amis, de manger des empanadas (délicieux chaussons fourrés à la viande (empanadas de pino) ou au fromage), de boire du vino tinto (vin rouge) ou encore, du pisco, alcool très apprécié ici...
Donc, je vais devoir me sacrifier et vivre ces 4 éprouvants jours rien que pour vous les raconter...c'est dur la vie chilienne!
Par Audrey
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