Me voici de retour de ce long-long week-end à Viña del Mar, des tonnes de photos dans les poches et quelques
unes à vous faire partager...
Arrivée en trombes avec Marie-Placide (qui fait partie du groupe des frenchies) le samedi soir, dans une petite chapelle du Liceo Parroquial (paroissial) San Antonio où les 4 enfants de la
famille (dans l'ordre, Claudia, Paulina, Rodrigo, et Camila) sont allés à l'école. Mes "parents chiliens", Alicia et Luis y renouvelaient leurs voeux pour leurs noces d'argent, avant de
fêter ça avec toute la famille dans leur nouvelle maison : retrouvailles autour d'un asado (barbecue), avec musique traditionnelle (la fameuse Cueca), chicha (sorte de jus de raisin
fermenté), pisco, beaucoup de viande, assaisonnée de pebre (sorte de mélange de piment (aji), de tomate, et d'oignons, le tout hâché très finement) et de beaucoup de coriandre (les chiliens en
rafolent), et sans oublier, ce sans quoi un repas n'est pas un repas au Chili : les bebidas, c'est-à-dire tout ce qui est gazeux, chimique, très sucré, et la plupart du temps, fluo! Eh oui,
les moeurs américaines s'exportent très bien ici, des séries télés (mais il y a les Desperate, donc... je ne peux pas me plaindre!), et les aliments ultra gras et
artificiels-que-tu-sais-même-pas-ce-qu'y-a-dedans! J'entends déjà Jean-Pierre Coffe qui peste dans sa cuisine!
Mais ce qui est intéressant, c'est que les chiliens restent très attachés à leurs traditions : lors des fêtes de la patrie, toutes les familles préparent leurs empanadas, écoutent de
la musique traditionnelle, mettent leurs drapeaux aux fenêtres, aux voitures...Tout au long de l'année, être chilien reste une fierté, même si les empanadas ou la cazuela (sorte de
pot-au-feu avec beaucoup, beaucoup de bouillon) s'accompagnent de coca-cola!
Le lendemain, rebelote avec l'asado, mais cette fois, chez un des frères de Luis! Tous les cousins étaient là et nous ont appris à "hacer bailar el trompo", littéralement "faire danser la
toupie", ce qui est une très jolie expression, à laquelle je n'ai malheureusement pas pu donner réalité : la toupie tombait platement sur le sol sans le moindre petit
tourbillon...
...alors là, vous enroulez le fil comme ça, puis vous tenez la toupie la pointe
vers le haut et vous la lancez, avec un petit retour du poignet qui fait tout...pfff, facile à dire!!! : )
Après mes tentatives déçues de faire danser la toupie, j'ai rejoint les oncles et tantes, Luis et Alicia au beau milieu d'un grand débat politique...je m'y serais sentie tout de suite
plus à l'aise si la politique n'était pas un sujet d'affrontement (mais toujours bon enfant) pour la famille. Comme tous les chiliens depuis le coup d'Etat de 73, la famille est divisée en
2 camp très distincts, droite et gauche, pro-pinochet et anti-pinochet, tous deux accrochés à leurs convictions. Le camp "socialiste", connaissant mon projet d'études ici, m'ont pris à parti,
mais je me suis faite toute petite...mon "papa chilien", qui est dans la Marine (le milieu militaire reste très fidèle à Pinochet, qui a empêché le Chili de tomber dans le
communisme) ainsi que toute sa famille étaient de l'autre camp... plus j'y pense, et plus je me dis que les deux plus grande victoires de Pinochet ont été d'imposer un modèle
néolibéral si puissant qu'il rend impossible toute réforme politique en faveur d'une meilleure répartition des revenus (ce qui engendre des écarts énormes entre d'une part, une minorité
de chiliens très riches, et une grande majorité de de chiliens très pauvres : au chili, il n'y a pas de "classe moyenne"!) mais aussi, et surtout, de diviser, polariser la société
chilienne de telle sorte qu'aucune (ré)union de celle-ci dans le but de construire un avenir meilleur est aujourd'hui inenvisageable...Pour couronner le tout, ma famille chilienne est aussi
divisée question football, qui est LE sport national, juste avant l'asado : entre suporters de l'équipe de Colo-Colo et suporters de l'équipe Universidad de Chile, règne la même camaraderie
qu'entre...le PSG et l'OM!
L'emblême de l'équipe de Colo-Colo : un chef mapuche (indiens du sud du Chili).
...et celui de "la U", comme ils disent ici.
Photo de famille sous le drapeau : de gauche à droite : Marie-Placide, un des oncles et sa petite fille, votre
franco-chilienne préférée (mais, mais si...) et Mathias, un cousin.
Et voici, toujours dans le même sens, Luis, Camila, Alicia et Rodrigo!!! Mais, si, mais si, vous allez vous en sortir avec tous ces nouveaux prénom!
Et pour finir cette page en beauté, petit jeu à la So²&Rico, histoire de vérifier si vous avez lu attentivement ce petit article : Qu'est-ce que donne une
cazuela accompagnée d'un coca-cola? Attention, la réponse donne une des blagues hautement spirituelles dont j'ai le secret...Réponse dans une semaine! J'attends vos propositions! :
)